Un jour une chanson # 2 / Just a gigolo

mercredi 31 octobre 2012

Louis Prima, l'homme qui sourit sur toutes les photos (vérifie sur google si tu ne me crois pas !)




Après mon post sur le tout récent tube Bensonhurst Blues, je continue sur les chansons hype et dans l'air du temps avec un autre classique, mais du swing cette fois : "Just a Gigolo" de Louis Prima (une chanson qui a bercé mon enfance car mon père dansait le rock dessus. Hé oui). (Pour ceux qui ont déjà lu le post sur "Bensonhurst blues", j'ai détaché l'anecdote sur "Just a Gigolo" car ça faisait un peu long).

Lancée en 1956 par Louis Prima ("le roi du swing", américain dont la famille est originaire de Sicile), elle est à l'origine un tango créé en 1929 en Autriche, et qui remporta alors un vif succès dans le monde. Louis Prima l'enrichit de "I Ain't Got Nobody" morceau composé en 1915, donnant ainsi un nouveau rythme à l’ensemble.

J'ai découvert sur le site Bortch l'origine et la signification des onomatopées incompréhensibles qu'on entend à la fin de la chanson. Et cachez votre enthousiasme, je suis sûre que ça va tout vous chambouler de les connaître. Si, si.

Je vous le donne en 1000, ces onomatopées sont en fait des mots en ... Yiddish ! (là, vous êtes censés faire des oh et des ah ! de stupéfaction, car c'est une révélation proprement renversante, mais bon, en même temps, moi ça m'en bouche en coin ce genre d'info, donc je partage.)

Louis Prima, qui n'était pas juif, chante Dalet Dalet ("dal" signifie "pauvre" et "deim dalet "ne rien avoir") et Gou Nish ("Rien") à 4 minutes 15 secondes, dans le passage "... Il ne me restera personne, pas un sou, rien de rien..."




L'explication : dans le New-York des années 50, où Louis Prima se produisait dans des boites de jazz, les expressions en Yiddish, en italien ainsi qu'en argot new-yorkais s'entremêlaient.

Ainsi le mot "schmuck" était couramment utilisé pour désigner un imbécile, un abruti. Hé bien "Schmuck" vient du yiddish "Shmock" qui désigne l'appareil génital masculin... L'équivalent de notre désuet "couillon", de notre plus récent "con comme une bite" ou de "ce mec est un gland"... (Amis poètes, bonjour).

Woody Allen l'a d'ailleurs employé régulièrement dans ses films. Dans Annie Hall (1977), par exemple, lors de la première rencontre d’Annie et Alvy (la scène du balcon où Diane Keaton est à l'apogée de son style boyish), on peut voir sous forme de sous-titres les pensées des personnages.

La voix intérieure d’Annie est ainsi transcrite : "God, I hope he doesn’t turn out to be a schmuck like the others." (Ce qui est très drôle) (bien qu'un peu désespéré) (mais très drôle).




Et pour le plaisir de voir Louis Prima swinguer avec style, énergie (et un humour) communicatifs, voici une version live plus rythmée que celle que l'on connaît * :





Amis poètes, linguistes, et amateurs de swing, bonsoir !

* (avec Keely Smith, son épouse de 1953 à 1961, qui n'est pas la moitié d'une pointure puisqu'elle a également chanté avec Dean Martin et Franck Sinatra) (et qui a des gros seins, aussi).


1 commentaires:

  1. j'adore votre façon de nous apprendre des choses qu'on ne trouve nul part ailleurs. merci.

    RépondreSupprimer

Where is Scarlett ? All rights reserved © Blog Milk Powered by Blogger