Quand je serai grand je serai...

mardi 31 janvier 2012


Pompier ? Conducteur de camion-poubelles ? Astronaute ? Quel parent n'a pas souri d'un air mi-attendri, mi-narquois devant les ambitions "professionnelles" de son enfant ?

Évidemment, comme tout parent, je souhaite que mes enfants réussissent et s'épanouissent dans leur métier. Mais comment les y aider ? Vaste question...

Deux articles que j'ai lus récemment apportent un éclairage que je trouve intéressant.

Pour Karin Viard, actrice bien installée au Panthéon des comédiennes reconnues, c'est assez simple. Dans le Télérama du 12 janvier dernier, elle explique que la liberté qu'elle s'octroie dans son métier de comédienne, elle l'offrira à ses enfants au moment du choix de leur avenir :

"Un jour, mes filles sont venues me voir". « On a entendu dire que tu allais tourner une scène de sexe et ça nous ennuie beaucoup. » Et je leur ai dit : « Désolée, mais ça ne vous regarde pas. Avoir une mère comédienne procure des avantages, vous le savez, mais aussi des inconvénients, que vous découvrez actuellement. C'est ainsi et pas autrement : quand j'exerce mon métier, je ne suis plus la femme de votre père et pas votre mère non plus. J'ai accepté ce film - il s'agissait des Derniers Jours du monde, des frères Larrieu - pour des raisons qui me regardent, et je le tournerai, que ça vous plaise ou non. Mais je vous fais une promesse : la liberté que je m'accorde sera celle que je vous donnerai quand vous choisirez à votre tour votre avenir. » On n'en a plus jamais reparlé..."

En dehors du fait qu'à mon sens elle offre une belle leçon de vie à ses enfants, on comprend aisément qu'ayant choisi librement son métier, avec la réussite que l'on connaît, elle ait suffisamment confiance en la vie et l'avenir pour leur offrir la même liberté.

Plus surprenant, le témoignage d'une famille touchée par le chômage, recueillie par le Monde dans son édition du 27 janvier. 

Pierre, diplômé d'une grande école de commerce, cadre dirigeant dans une grande entreprise de high-tech, a été licencié il y a un an. Marié (sa femme est comptable), ce père de trois adolescents qui marchent bien à l'école n'a toujours pas retrouvé de travail. Pour toute la famille, ce chômage est difficile à vivre.

Paradoxalement, Pierre et sa femme pensent que les enfants tireront un profit de cette situation douloureuse : la liberté de faire les études qui leur plaisent vraiment. "« Aucun diplôme prestigieux ne les protégera. On a perdu l'idée qu'il y avait un parcours idéal. »" 

Deux parcours différents pour Karine Viard et ce père de famille, au final un même point de vue.

En ces temps d'incertitudes sur l'avenir (c'est la criiiiiiise ma bonne dame !), le pari de laisser le libre choix à ses enfants semble pourtant risqué.

Et la tentation de s'abriter derrière de grandes études est d'autant plus forte. En même temps, on a plus de chance de bien faire son travail et de réussir si on fait ce qu'on aime vraiment...

Vous en pensez quoi, vous ?

----
Photo : Christophe Auger Dominguez

5 commentaires:

  1. Salut Hélène. Vraiment très intéressant. J'avais déjà lu l'article du Monde.
    Il est clair qu'il y a un changement de paradigme. Cela ne veut pas dire pour autant que cela ne sert plus à rien de faire des études. Mais tout dépend lesquelles ... J'appartiens (enfin, nous appartenons) à une génération ou certaines filières avaient l'avenir devant elles. C'est fini. J'ai une formation d'ingénieur informatique financière (un peu l'opposé de Karin Viard ... heureusement pour elle d'ailleurs). S'il y a bien un truc que je ne demanderai pas à mes enfants, c'est bien de faire des études d'ingénieur : c'est mort (et en plus, c'est moins marrant qu'être acteur ...) L'asie, l'Inde (bref, tous les pays que l'on appellent émergents) produisent des millions d'ingénieur par an. Cependant, certains métiers devront tout se faire en local (avocat, prof, médecin etc etc). Certains diplomes continueront de protéger, mais plus ceux que l'on a connus. Notre job de parents est de sentir ou tourne le vent et de les orienter vers la bonne direction. Vient ensuite une autre problématique : comment leur faire aimer les études et plus particulièrement celles qui sont porteuses. Car elles sont peut être porteuses, mais parfois fucking boooorrrrrrring.Enfin, je dis ça, mais j'ai la chance de me marrer tous les jours dans mon job d'ingénieur en Irlande. A+ Nico

    RépondreSupprimer
  2. Devons-nous sentir où tourne le vent et faire aimer des études "porteuses" à nos enfants ou les aider à choisir les études qui les mèneront vers le métier qu'ils aiment (et prier pour qu'ils s'en sortent), même si ces métiers n'ont rien de prestigieux et rémunérateurs ? La réponse se trouve sûrement entre les deux... Quoique j'aime rêver que l'on puisse réussir dans tout du moment qu'on travaille avec acharnement et qu'on le fasse avec passion...

    RépondreSupprimer
  3. Se laisser guider par ses besoins, ses envies et surtout pas par ses peurs, apprendre à connaitre ses propres limites...il me semble judicieux de leur enseigner ceci avant tout. Les études porteuses le seront réellement s'ils s'y sentent à leur place parce que le cadre leur correspond. Pas facile tout çà...Et non, nous ne sommes pas des parents parfaits! mais restons passionnés en effet!

    RépondreSupprimer
  4. 2ème partie(!): signé "valérie"

    RépondreSupprimer
  5. Tout à fait d'accord avec toi Valérie ! Ne pas se laisser guider par ses peurs mais ses envies, connaître ses limites... J'aime bien l'idée aussi qu'il y a des métiers dont on aura toujours besoin en "local".

    RépondreSupprimer

Where is Scarlett ? All rights reserved © Blog Milk Powered by Blogger