L'anniversaire

jeudi 22 décembre 2011



Devenir mère ne se fait pas sans douleur et passe par quelques rites initiatiques : l'accouchement est le premier, je ne vous apprends rien.

Les trois premiers mois du nourrisson sont le deuxième : entre les nuits presque blanches, les problèmes de digestion, de régurgitation, et l'expressivité limitée du nouveau-né, ce n'est pas toujours une partie de plaisir. Et ça commence à se savoir. Mais il y en a un dont on ne m'avait jamais parlé, et auquel il est difficile d'échapper, ce sont les Anniversaires.

Chaque année, il convient en effet de célébrer sa progéniture à date fixe, en compagnie de ses congénères triés sur le volet. C'est ainsi que je me suis retrouvée, mercredi dernier, à fêter les sept ans de ma fille à la maison : ONZE enfants, cinq garçons, six filles, à occuper et divertir pendant trois heures, SEULE (Pierre travaillait). Et je n'ai pas mon BAFA.

Pas besoin d'artifices tels que saut en parachute ou descente en rappel d'une crevasse de 300 m pour tester mes limites. Non, ce jour-là, je suis vraiment allée au bout de moi-même et si le fait d'être mère est une école de développement personnel à part entière, j'ai pu mettre en pratique l'un de ses axiomes : le LÂCHER PRISE.

Au début, tout se passe bien. Pendant plus d'une heure, j'enchaîne vaillamment les jeux (téléphone arabe, Jacques a dit, le jeu de la momie...), souvent surprise par l'enthousiasme indéfectible des moutards et la quantité de décibels émise pour l'exprimer. Mais je tiens bon. Pour souffler un peu, je leur propose de goûter.

Je ne souffle pas du tout, en fait, puisque étant la seule adulte, je suis super boniche pendant une demi-heure, servant une part de gâteau par ci, remplissant un verre par là, ramassant les serviettes et les bonbons tombées par terre, épongeant cinq verres renversés avec le sourire en disant "c'est pas grave, ça arrive".

Tout cela en observant avec incrédulité que trois enfants sur cinq ne touchent pas aux délicieux gâteaux faits maison avec amour et abnégation, préférant se nourrir exclusivement de bonbons.

Puis vient la chasse au trésor, onze gosses qui se jettent en même temps sur le miroir du salon pour trouver l'indice caché derrière, j'hyper-ventile un peu, mais ça va encore. Puis les cadeaux. Puis rien.

Ça fait deux heures et demi que je les occupe, je m'octroie une pose bien méritée sur le canapé. Bien mal m'en a pris. Car laissés en liberté, dopés par le sucre des Haribos et la caféine des litres de coca ingurgités, excités par l'effet de groupe, les enfants deviennent incontrôlables. Mais vraiment.

Ils commencent à se courir après, les garçons après les filles (quelle originalité me direz-vous !), en hurlant sans discontinuer. Onze enfant qui hurlent ça fait beaucoup de bruit, croyez-moi. Prostrée sur le canapé, en état de sidération, j'hésite sur la conduite à tenir.

Les voisins vont me tuer, c'est sûr. Mais c'est une fois par an (en fait, deux avec l'anniversaire de mon fils mais il est petit ça fait moins de bruit). Et ils ont l'air de vraiment s'éclater. Je dois les recadrer sans passer pour la mégère de service, mais pour cela je dois reprendre des forces (moi j'aime les ambiances calmes avec FIP en musique de fond, et je déteste les cris).

Je décide donc de lâcher prise, de ne rien faire pendant quelques minutes, et de voir ce qui va se passer. C'est là que le miracle se produit : au bout d'un quart d'heure de bordel insupportable, les enfants finissent pas s'auto-détruire.

L'une saigne du nez, ça jette un froid. L'autre s'enfonce l'ongle du pied droit dans une ampoule sur le talon de son pied gauche (c'est technique, je sais), ça saigne. Deuxième froid. Et une troisième se fait mal au genou en courant, elle pleure.

Là, c'est le coup de grâce. Super Nanny Scarlett intervient pour dire que, trois blessés, ça suffit, maintenant il faut jouer calmement. Et ça marche ! Le calme revient instantanément (les enfants n'aiment pas le sang et les larmes, c'est indéniable).

Moralité : il faut faire confiance à la vie, les amis. Parfois les situations s'arrangent d'elles-même (même mal).

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Photo : pour des gâteaux très très beaux et très bons, foncez Chez Bogato, la grande petite pâtisserie de la prodigieuse Anaïs Olmer.

2 commentaires:

  1. bon, déjà en panne le blog de S ? on attend la suite !

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  2. Ca vient, lentement mais sûrement :-)
    PS. Désolée pour la modération des commentaires, je croyais l'avoir désactivée...

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